Après la fournaise de l’été, sa fin se ressent, les matins frais, les rosées abondantes, les pommes tombées, les levés de soleil tardifs sont un prémice à l’automne.

Le mois d’aout fut tout aussi intense en travail que juillet, fin de moisson, triage de semence, chantier de construction, fanage, suivi des demoiselles qui grandissent... sans arrêter pour autant de faire le pain toutes les semaines.

 

Les visites d’amis, quelques bonheurs en cuisine et avec les animaux m’ont fait étinceler le quotidien. De la fatigue et de la douceur nous liaient avec mon amoureux.

 

Les matins au soleil, ces dames attendent le grain.

Je me félicitais intérieurement de ce travail, plutôt pas trop mal fait et que nous arrivions à gérer du mieux possible et tant bien que mal (faut bien s’auto-féliciter un peu tout de même). Nous avancions, pas à pas, en apprenant chaque semaine des choses nouvelles ….

Un délice improvisé : fruits d’été émincés (pêche, figue, framboises du jardin),

amandes effilées, coulis de framboise et chantilly à la framboise du jardin.

Et puis une nuit, il y a eu un appel.

….et cette lueur irréelle, au loin dans la nuit.

Le brasier.

Immense.

La destruction.

Après l’excitation de la construction…il y a eu la destruction. La désolation.

Les 2 semaines qui ont suivis n’ont été que coup de fil et coup de pression.

J’ai compris le sens de certaines phrases : y a pas le feu au lac… ça sent le roussi… tout est parti en fumée… et j’en passe.

Un des bâtiments neufs, tout le fourrage de l’année, du grain et plus encore….

4 mois de travail partis en fumée

4 mois de travail à recommencer.

 

Le chantier que nous tenions à garder « propret », sans déchet, est devenu un bordel noir de cendres.

Avançons, continuons, sans faillir ni faiblir, sans tomber.

…  

 Alors…

… il a fallu se blinder pour avancer.

Allez, on recommence à faire du foin pour sauver la mise. Trouver du foin pour l’année, trouver du grain pour remplacer….

Parfois, le gout salé roule sur les joues, les émotions sont dures à retenir lorsque la fatigue nous guette.

Et puis, lors d’une soirée de portes ouvertes à la ferme (que j’avais organisée en grande partie pour fêter notre premier anniversaire de vente à la ferme), le monde inattendu, les mots gentils, les amis… nous ont fait du bien.

Pour autant, en vrac, quelques plaisirs de cette fin d’été :

 

J’ai apprécié les capucines de mon jardin et les fleurs d’automne. Après avoir semé trois fois un parterre, seules les capucines s’en sont sorties, courageuses, et donnent un effet très art-déco au jardin.

J’ai commencé une robe en lin lumineuse…un peu trop tard pour en profiter cet été.

J’ai refait des confitures…..inattendues!

La petite fille en moi s’est réveillée devant des papillons, un miracle de la nature, si joliment créé.

 

Les asters et sédum…recouvertes de papillon : vulcain, paon du jour….