Maintenant que les matins brumeux et frais présagent la fin de l’été, je vous fais enfin le bilan de la saison. Et oui….on passe du mois à la saison effectivement…le temps me manque, les semaines sont déjà pleines malgré mes envies de partages et d’écritures !

L’été fut entièrement tourné vers notre première moisson, synonymes de stress intense, de beaucoup de boulot et d’une grande satisfaction.

 

Ayant pris un mois de congés pour gérer la récolte à la ferme avec mon homme, nous avons d’abord fini de monter nos cellules de stockage de céréales. Ce travail nous a pris un temps infini. Près de trois semaines à gérer des finitions. Avec  850 boulons à serrer et 200 vis à visser… l’assistante  « niveau grand débutant bricolage » capte un peu mieux quand on lui parle de clés à pipe, de tirefonds ou de faire des trous à la visseuse!

Nous avons terminé juste à temps car 2 jours après… la moissonneuse entamait nos champs. Notre récolte, pour notre petite surface n’a duré que quelques heures. Un an de travail plié en une journée … un poil frustrant quand même! Les moissonneurs qui viennent chez nous sont payés à l’hectare : autant dire qu’avec eux, le boulot ne traine pas, il faut aller vite vite vite et toujours plus vite.

 

Le dernier fauché…le seigle.

Nous avons ensuite mis deux jours à trier le grain dans un nettoyeur séparateur avant de stocker en celulles. On mange la poussière, on charrit des tonnes de sceaux et on finit avec joie.

 

Au moment du triage: le grand bordel dans la cour, toutes les bennes du coin sont mobilisées, même les vieux tacots y passent!

Les relations humaines ont été quelques fois mises à rudes épreuves cet été. Avec le stress et la fatigue, les mots dérapent parfois ! Mais lorsque le grain est rentré, la tension retombe alors avec soulagement et tout reprend son cours.

 

Nos blés anciens ont été fauchés à la main. Il nous reste tout à battre…on cherche une solution pour éviter de le faire à la main…

 

Après la moisson, nous avons eu la sensation avec mon homme de pouvoir nous réapproprier nos terres. Certaines de nos cultures, les mélanges pois-céréales surtout, étaient tellement denses en biomasse à partir du mois d’avril que nous ne pouvions plus marcher dans nos champs …

 

Étant donné que mon cerveau commençait à tourner en boucle sur la moisson et qu’une petite semaine d’insomnie m’a épuisée, j’ai voulu tromper mes neurones un soir avec de la couture. J’ai tenté une jupe ultra facile ne demandant  strictement AUCUNE réflexion (2 rectangles et un élastique, y a pas plus simple). Figurez-vous que même ça, je n’ai pas réussi ! Je devais être dans un état second quand j’ai coupé car j’ai sacrifié un coupon adoré pour une jupe complétement ratéE et moche. Tout est donc resté en plan depuis... Je n’ose approcher mon bureau de couture.

Mon carnet de moisson fut délaissé, ayant eu le temps de ne faire que 2 ou 3 tournées de confitures (tout de même)….

Avant de repartir au boulot (à reculons…), j’ai fait une petite semaine de déchaumage pour nous et mon papa. Après la moisson, le déchaumage consiste à passer un outil qui travaille le sol superficiellement pour mélanger les résidus de paille à la terre et favoriser leur décomposition. Grosso modo : j’ai fait du tracteur quoi… Au début, ce genre de boulot est très agréable. La terre juste retournée sent bon. Et il y a toujours un nuage de mouettes affolées qui volent derrière le tracteur pour choper les vers de terre. Au bout de quelques jours à zapper entre France inter et les autres radios criardes qu’on arrive à capter dans le tracteur, on se lasse un peu et on est content de passer à autre chose !

Début septembre, la vente à la ferme a débuté, un vrai plaisir ! Le pain qui cuit, les sourires, les partages, les mots d’encouragements font chaud au cœur. Combien de personne entre dans le fournil et respire à plein poumons l’odeur du pain et du feu….un régal!

Pour fin septembre, nous devons finir l’aménagement du local qui va recevoir le moulin à meule de pierre. Mon homme gère cela seul en semaine…et le WE nous nous y mettons un peu plus à 2, en espérant regagner sur notre retard.

Une de mes plus belles sensations durant cette saison ne fut pas la moisson finalement mais une séance de désherbage dans nos champs. Tout début juillet, j’ai passé 2 grosses demi-journées à désherber manuellement les folles avoines et les chardons à la main dans tous nos champs. Ce travail qui peut paraitre fastidieux pour certains est une dose de bonheur. Seule dans le champ, assez tôt le matin, la nature offre toujours de beaux tableaux : du gibier des insectes, une belle lumière sur la plaine et le bosquet. Et lorsqu’on travaille sans outil mécanisé, il n’y a pas de bruit : juste moi, le bruit de la serpe, des oiseaux, du vent. … un vrai régal !

L’automne ne devrait pas nous décevoir non plus…

Et vous, l’été ? Mouvementé ou relax ? Votre plus belle sensation ? Faites-moi rêver !!!